PNNS 4 : analyse du projet par la SFSP

Publié le 27 mars 2019

A la suite d’une saisine de la Direction générale de la santé, la SFSP (Société Française de Santé Publique)  a produit une analyse du projet de « Programme national nutrition santé 4 » qui portera sur la période 2019-2023. La SFSP salue la poursuite du PNNS sous la forme d’une 4e version et formule un certain nombre de propositions. Elle reprend notamment dans leurs grands axes, l’essentiel des termes de l’analyse qu’elle avait formulée en 2016 sur les limites que comportait le précédent projet.

 

  • Une prise en compte insuffisante des inégalités sociales de santé (ISS), si ce n’est dans une approche stratégique, tout au moins dans une perspective tactique et opérationnelle, sur les leviers qui permettraient de réduire les ISS dans le cadre des interventions de santé publique ;
  • Une prise en compte dominante des problématiques alimentaires au détriment de celles portant sur l’activité physique (voir les 8 mesures phares), et qui peut être reliée, d’une manière globale, à la confusion, sous l’appellation de « nutrition », entre ce qui relève de l’alimentation et de l’activité physique ;
  • Un manque d’intégration à la fois entre les deux axes alimentation et activité physique, mais aussi entre les niveaux international, national et local, de même qu’entre les différents champs de compétences intéressés (agriculture, éducation nationale, jeunesse, sports et cohésion sociale, aménagement du territoire, industrie, etc.) ;
  • Des mesures majoritairement incitatives au niveau global et national et peu de mesures réglementaires, pourtant de plus en plus souvent recommandées, dans l’expertise collective INSERM comme dans la déclaration adoptée récemment à Vienne par l’association européenne de santé publique. Ces mesures réglementaires visent notamment à alléger les pressions du marketing, ainsi qu’à faciliter la compréhension par les consommateurs des informations sur les produits, leur permettant ainsi de faciliter un choix.
  • Des approches essentiellement individuelles s’adressant à un « consommateur éclairé » virtuel, alors que les données probantes invitent à favoriser les approches collectives plus fortement axées sur les déterminants qui façonnent son environnement.

En outre, la Société Française de Santé Publique souhaite mettre l’accent sur les préoccupations suivantes :

  • Une gouvernance ancrée dans l’intersectorialité, ce dont on peut se féliciter, qui reste cependant floue, entre un « Comité permanent restreint » dont la composition et le rôle ne sont pas définis, un « Comité de pilotage » et un « Comité de suivi », et dont on peine à comprendre si elle donne au secteur de la santé la conduite de cette politique ;
  • Une absence de référence aux Objectifs de développement durable (SDGs), et à l’articulation qu’ils permettent de faire entre l’ensemble des éléments qui participent de la santé des populations (climat, agriculture, qualité de l’eau, qualité de l’air, modes de production des aliments…) ;
  • Une vision limitée de l’approche territoriale et de la participation des acteurs, qu’il s’agisse des élu.e.s ou des citoyen.ne.s ;
  • Une approche peu opérationnelle des objectifs définis par le Haut Conseil de la Santé publique dans son avis de 2018, qui sont particulièrement ambitieux voire peu réalistes dans le délai de 5 ans du programme, et dont on peine à comprendre comment il est envisagé de les atteindre.

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