Danaë Soulié, 16 ans : « je suis moi, tout simplement »

Publié le 16 novembre 2020

 

Danaë a 16 ans et habite à Caussade, près de Toulouse (82). Elle est issue d’une famille de quatre enfants, dont elle est l’ainée. Elle a accepté de nous parler de son expérience de jeune fille en surpoids, mais aussi de son parcours pour pouvoir dire « je suis moi, tout simplement », comme le titre du livre qu’a écrit sa maman à quatre mains avec elle. Témoignage.

 

Depuis quand aviez-vous un problème de surpoids ?
Le surpoids, c’est un problème de famille. Ma maman est « rondouillette » comme on dit, mon frère et moi aussi. J’ai été suivie par un endocrinologue dès l’âge de six ans. J’ai essayé beaucoup de méthodes pour perdre du poids, et j’avais enfin réussi à stabiliser mon poids mais j’ai perdu quelqu’un de très proche et la balance a flambé.

Comment viviez-vous ce surpoids ?
Je suis quelqu’un qui a un contact très facile avec les autres et je sais où je vais, j’ose dire les choses. Je n’ai pas peur des réflexions, des petites phrases déplacées, même si les gens ne font pas forcément exprès. Cela peut arriver aussi dans la famille. Mais moi, j’aime bien remettre les gens à leur place quand c’est nécessaire. C’est différent pour mon frère, lui il garde tout pour lui et c’est plus compliqué.

Comment vous êtes-vous retrouvée à la Maison d’Enfant Diététique et Thermale ?
Après diverses tentatives de perte de poids, mon médecin m’a proposée quand j’avais 14 ans d’intégrer la Maison d’Enfant Diététique et Thermale (MEDT) de Capvern Les Bains (65), qui est un établissement de soin de suite et réadaptation spécialisé dans le traitement du surpoids et de l’obésité infantile. J’y suis allée avec mon frère, d’abord lors de vacances scolaires en 2018 et 2019. Puis je l’ai intégré pour l’année scolaire, car j’ai trouvé la prise en charge bénéfique et j’ai pu retrouver des jeunes comme moi. Là-bas on n’a pas de complexes car on est tous dans le même bateau, il n’y a pas d’ambiance de moquerie.

En quoi consiste la prise en charge de la MEDT ?
Ils proposent un accompagnement pluridisciplinaire adapté à chacun, avec des médecins, infirmiers, diététiciens, psychologues, éducateurs sportifs, éducateurs spécialisés… Nous sommes intégrés dans plusieurs groupes en fonction de notre âge, de la sixième à la Terminale. Nous sommes scolarisés au collège-lycée d’à côté qui est partenaire de la MEDT. Nous avons des activités collectives, comme par exemple avec le médecin pour savoir calculer son IMC, avec les infirmiers sur le thème des écrans ; il y aussi pour ceux qui le souhaitent une activité de théâtre sur l’acceptation de soi. L’activité physique se fait avec les éducateurs sportifs. Moi j’ai choisi la natation, chacun choisit en fonction de ses envies et capacités. En parallèle, nous avons aussi des consultations individuelles. Pour la diététicienne, c’est souvent le mercredi. Une fois par mois, elle propose aussi un atelier cuisine.

Qu’est-ce qui s’est passé pendant le confinement ?
J’ai dû rentrer chez moi, à un moment où j’avais stabilisé mon poids à la MEDT, c’est-à-dire que je n’avais pas pris ni perdu de poids. A la maison, j’ai mis en pratique des méthodes que j’avais apprises à la MEDT, j’ai fait mon « mix » en l’adaptant à ce qui me convenais. Je n’ai pas fait de régime particulier, j’ai fait attention au pain, à la vinaigrette, j’ai privilégié les féculents le midi plutôt que le soir. J’ai aussi écouté ma sensation de satiété et j’ai pris le temps de manger, ce que je ne faisais pas avant. Les habitudes à la maison ont aussi changé, on a fait plus attention aux quantités, on a évité de mettre le pain ou les plats sur la table. Finalement, j’ai perdu progressivement 10 kilos, sans me sentir frustrée.

Est-ce que vous êtes retournée à la MEDT depuis ?
Oui, je suis allée chercher mon diplôme, qui nous récompensait d’avoir participé et d’être resté jusqu’au bout. Il y a eu une cérémonie et nous étions 16 diplômés. Depuis j’ai repris une scolarité à côté de chez moi, je suis en 1re ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) .

Qu’est-ce qui a amené votre maman à écrire le livre « Je suis moi, tout simplement » ?
Maman a voulu retranscrire mon vécu, mes mots avec ce livre. On l’a écrit à deux, parfois je lui disais « non, tu enlèves ça ! ». Ce livre a pour but de montrer que chacun est unique, qu’il ne faut pas se comparer. Je l’ai fait lire par des jeunes, notamment de la MEDT, et ils l’ont trouvé super. Un jeune de 13 ans m’a dit que je l’avais aidé et qu’il souhaitait intégrer la MEDT. Mais ce n’est pas que pour les jeunes, j’aimerais que cela puisse aider d’autres personnes à mieux comprendre ce que l’on vit, et nos réactions. C’est un livre accessible à tous.

Et aujourd’hui, comment vous sentez-vous ? Que peut-on vous souhaiter ?
Aujourd’hui je me sens épanouie, à l’aise dans mon corps. Je n’ai pas peur d’aller à la plage et du regard des autres. J’aimerais atteindre mon objectif en termes de poids. Pour mon médecin il me reste 1 kg à perdre, moi j’aimerais bien perdre encore un peu plus… J’aimerais aussi que beaucoup de monde puisse lire le livre, que j’aie des retours, savoir qu’il a pu aider des gens.

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

 

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