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SRAE Nutrition
  • Bulletins de veille n°1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 à télécharger en pdf dans votre espace adhérents

A lire ce mois-ci _ Bulletin n°9

 

  • Estimation du nombre d’années de vie en bonne santé perdues à cause du surpoids et de l’obésité.

Analyse portant sur plusieurs études de cohorte, menées entre 1991 et 2008. Les chercheurs ont déterminé le nombre d’années de vie en bonne santé entre 40 et 75 ans de l’ensemble des participants de ces études et ont étudié les variations de ce critère en fonction des paramètres suivants :

  • L’IMC ;
  • Le statut socio-économique ;
  • Le statut tabagique ;
  • Le niveau d’activité physique ;
  • Les différentes pathologies survenues au cours des études.

Entre 40 et 75 ans, le nombre moyen d’années de vie sans maladie était de 29,3 chez les hommes et de 29,4 chez les femmes de poids normal. En cas de surpoids, les hommes comme les femmes perdaient en moyenne 1,1 année de vie en bonne santé, par rapport aux personnes de poids normal. Cette perte était plus marquée chez les personnes obèses, avec une perte de 3 à 4 années en cas d’obésité légère et une perte de 7 à 8 années en cas d’obésité sévère.

https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(18)30139-7/fulltext

 

  • Evaluation de la pertinence de la mesure de reprise de poids après chirurgie bariatrique sur le devenir clinique des patients

Etude de cohorte de 6 ans sur 1406 patients opérés, réalisée par une équipe de l’université de Pittsburgh (Pennsylvanie, Etats-Unis). Objectif: déterminer si le pourcentage de reprise de poids après chirurgie est un bon facteur prédictif d’expositions à un sur-risque de complications. Tous ont bénéficié d’un by-pass, technique consistant à réduire la taille de l’estomac pour réduire l’appétit et donc les prises alimentaires. Résultat : en moyenne, lorsqu’un patient reprend 19% de ses kilos perdus après la chirurgie, ce dernier voit son risque de diabète augmenté de 51% et de 28% concernant le déclin des capacités physiques et de la qualité de vie.

La chirurgie bariatrique permet une importante perte de poids dans l’année suivant l’intervention. Mais au fil des années, la reprise des kilos peut survenir. Le patient s’expose alors à un sur-risque de diabète de type 2 et d’altération de son état de santé général. Le calcul du % de reprise de poids peut donc permettre aux soignants d’intensifier le suivi de ces patients à risque.

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/05/2900747-chirurgie-obesite-risque-sante-si-kilos-reviennent.html

Etude complète en anglais : https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2707460?resultClick=1

 

  •  Recommandations de bonnes pratiques en préopératoire et postopératoire de la chirurgie bariatrique en France : évaluation des pratiques à partir des données de l’Assurance Maladie

Données issues de 11824 patients opérés entre Janvier et Mars 2014. Les suivis ont été analysés et comparés aux recommandations de la HAS.

Un certain nombre de points positifs ont été mis en évidence : Les bilans nutritionnels sont réalisés en pré (94.3%) et postopératoire (92.3%), les suppléments vitaminiques sont prescrits pour 83.4% des patients opérés d’une chirurgie malabsorptive l’année de l’intervention. En revanche, un dosage préopératoire de béta-HCG a été retrouvé chez seulement 7.3% des femmes en âge de procréer. La consommation d’anti-inflammatoires a été retrouvée chez 43.2% des patients après l’intervention. Le suivi psychiatrique postopératoire concernait 8.7% des patients alors que 25% des patients restaient sous traitement psychotrope…

Malgré une amélioration globale des pratiques, le respect des recommandations reste encore perfectible sur certains éléments. Le nombre croissant de patients opérés nécessitera une formation adaptée et une plus grande implication des médecins généralistes.

 

https://hal-bioemco.ccsd.cnrs.fr/MEM-UNIV-BORDEAUX/dumas-01892722v1

 

  •  Adhésion au suivi après chirurgie bariatrique

Etude descriptive rétrospective pour identifier les facteurs influençant l’observance du patient à son agenda de suivi postopératoire dans une cohorte de 207 patients opérés. Les facteurs significativement associés à une moindre observance sont : le type de chirurgie et le lieu de résidence. Ces résultats permettent de discuter les pistes d’amélioration des pratiques et de positionner la place de la coordination des soins dans l’optimisation du suivi.

 

https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RSI_134_0070

 

  • Enquête CSO sur les douleurs ostéo-articulaires du Pr Ritz

Les douleurs articulaires font partie des complications liées à l’obésité. Les études statistiques montrent que leur fréquence est d’autant plus importante que l’obésité est sévère.

Après chirurgie bariatrique, on peut espérer une amélioration de la plupart des douleurs articulaires. Par exemple, les douleurs d’arthrose au niveau des genoux diminuent de manière importante. Selon les études, la fréquence est de 57 à 80 % avant chirurgie et passe à 14 à 20 % dès 6 mois après la chirurgie. En revanche, concernant les lombalgies, nous n’avons trouvé que peu d’études. Or, dans notre pratique clinique, nous avons l’impression que peuvent apparaître des lombalgies après chirurgie. Nous souhaitions donc éclairer cette impression.

Les résultats sont les suivants :

- 69,3 % des personnes présentent des lombalgies avant chirurgie contre 63 % après (différence non significative)

- 48,8 % des personnes qui ne présentaient pas de douleurs avant la chirurgie en développent après la chirurgie

- Un quart des personnes présentant des lombalgies avant la chirurgie n’en présentent plus après 

 

  • Corrélation entre l’accélération de l’IMC à la petite enfance et le risque de développer une obésité à l’âge adulte

Analyse issue de données prospectives et rétrospectives sur 51000 enfants allemands entre 0 et 18 ans.

Un rebond d'adiposité exagéré ou précoce, avant l'âge de 6 ans, est connu pour être associé à un risque accru d'obésité plus tard dans l'enfance et à l'adolescence. Dans cette nouvelle étude ayant décrit les trajectoires pondérales de la naissance à l'âge de 18 ans, il ressort que plus de 90 % des enfants obèses à l'âge de 3 ans restaient en surpoids ou obèses à l'adolescence. Près de 75 % des adolescents obèses recensés dans l’étude ont présenté un indice de masse corporel (IMC) normal dans les 2 premières années de vie. La période cruciale semble donc se situer un peu plus tard, car environ la moitié des adolescents obèses étaient trop gros à l'âge de 5 ans. Pour les bébés de petits poids à la naissance, pour lesquels a été décrit un risque augmenté de diabète et de complication cardiovasculaire plus tard dans la vie, l'étude suggère qu'un rattrapage pondéral rapide, même dans les limites de la normale, pourrait être le phénomène responsable.

Ces résultats font espérer que « des interventions personnalisées chez les enfants à haut risque à un âge précoce puissent aider à prévenir ou à limiter la prise de poids excessive avant que l'obésité ne devienne irréversible ».

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/10/05/90-des-enfants-obeses-lage-de-3-ans-le-restent-ladolescence_861501

Etude en anglais : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1803527?query=featured_home

 

  • Obésité : un "convoyeur de fonds" impliqué dans les troubles métaboliques

Diabète de type 2, athérosclérose, stéatose hépatite non alcoolique… La médecine manque encore cruellement d’approches thérapeutiques permettant de limiter les comorbidités liées à l’obésité. Les vésicules extracellulaires commencent à apparaître comme d’importants effecteurs dans les mécanismes les initiant. Elles pourraient constituer des biomarqueurs prédictifs des complications cardiovasculaires de l’obésité, ou même des cibles pour les prévenir.

https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/obesite-convoyeur-fonds-implique-dans-troubles-metaboliques

 

Agenda
Exposition Microbiote d'après "le charme discret de l'intestin"
3e journée innovation en santé publique