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SRAE Nutrition

Témoignage obésité : Virginie, 37 ans

La SRAE Nutrition poursuit sa série de témoignages consacrés à l’obésité et à la chirurgie bariatrique. Virginie habite La Verrie (85). A 37 ans, elle est mère de six enfants, travaille comme aide-soignante et préside l’association « Le Cocon ». Rencontre avec une femme qui va de l’avant.

Virginie Leguen

Virginie vient d’une famille modeste où elle est l’aînée de quatre enfants. Il y a une hérédité familiale avec beaucoup d’obèses du côté maternel et du surpoids du côté paternel : « ma mère a perdu 25 kg mais elle a été obèse et j’ai aussi un frère obèse ». 

Une petite fille boulimique
Virginie se décrit comme une petite fille qui était « rondelette » : « vers 5-6 ans, je fouillais dans les placards et le frigo, je mangeais tout ce que je pouvais en cachette ». A cette époque, elle ne le sait pas, mais elle souffre d’hyperphagie boulimique. Ses parents sont démunis face à ce trouble du comportement alimentaire qu’ils ne connaissent pas. Il ne sera décelé que beaucoup plus tard, quand Virginie aura 24 ans.

Dans les toilettes pour se cacher
A l’adolescence, Virginie souffre du rejet au collège : « je passais mes récrés aux toilettes, pour fuir les insultes sur mon poids et sur le fait d’être mal habillée. Je n’avais pas d’amis, on me crachait dessus ».  Heureusement, la famille déménage et Virginie se retrouve dans un nouveau collège : « je suis arrivée en cours d’année et j’ai décidé de ne plus me laisser faire ! ». Quitte à jouer des mains pour se faire respecter… Elle mène enfin une vie normale d’ado, avec un cercle d’amis, mais aussi le début de mauvaises habitudes : « j’ai commencé à fumer, j’ai donc moins grignoté. A 15 ans, je pesais quand-même 90 kg pour 1,70 cm ». 

Une période d’instabilité
Virginie passe ensuite un BEP sanitaire et social en internat aux Sables d’Olonne : « je me suis mise à faire beaucoup de sport, j’y ai vraiment pris goût ». Elle prépare le concours d’aide-soignante mais ne va pas jusqu’au bout. « J’ai commencé à travailler en intérim, je prenais ce que je trouvais. Les horaires décalés, les différents compagnons, cela a été une période instable à tous points de vue. En plus, j’ai arrêté de fumer et mes crises de boulimie ont repris. Mon poids est monté à 150 kg ».

L’opération pour se prendre en main
Une expérience d’aide à domicile auprès de personnes âgées et handicapées la motive pour retenter le concours d’aide-soignante. Elle suit une formation de dix mois à Ancenis, pendant laquelle des professeurs vont la « booster » : « l’un d’entre eux, m’a dit, il faut prendre soin de toi, bouge-toi ! J’ai aussi pris conscience en formation des comorbidités liées à l’obésité ».

Virginie a un déclic : il faut qu’elle se fasse opérer. Mais il faut convaincre son conjoint : « dans sa culture africaine, être une femme forte ce n’est pas un problème, bien au contraire, alors il avait du mal à comprendre mon mal-être ». Il y a aussi son médecin traitant : « il pensait que je pouvais perdre autrement. Oui mais moi, après 10 ans de tentatives, je n’en pouvais plus ! ». Virginie finit par les convaincre et après avoir consulté un chirurgien à Angers, elle démarre le parcours pré-opératoire, qui durera plus d’un an. Elle prend contact à ce moment-là avec l’association Osez 49, pour connaître l’expérience d’autres personnes opérées. 

Le by-pass, un nouvel élan
En novembre 2013, Virginie est opérée d’un by-pass, qui va lui permettre de perdre 50 kg : « je mangeais bien, je perdais doucement, j’ai aussi repris l’activité physique ». En 2014, elle s’engage dans la création de l’association « Le Cocon », dont elle devient la présidente : « la priorité de l’association, c’est le respect de l’autre et l’accompagnement de chacun avec ce qu’il est ».
Virginie aura deux grossesses après le by-pass, avec une alerte en 2015 : « j’ai perdu 11 kg en 3 semaines, j’avais des vomissements et des spasmes gastriques. J’ai été hospitalisée un mois sous surveillance, on ne sait pas ce que j’ai eu ». Hernie ? Stress ?  Heureusement, l’accouchement se déroule sans problème.
Quand Virginie dresse le bilan de son parcours, elle n’a aucun regret sur l’intervention : « je le referais sans hésiter. Il n’y a pas que la perte de poids, mais aussi l’assurance et le dynamisme que l’on retrouve. Je suis bien occupée avec mes six enfants, mon travail, l’association. On me demande comment je fais pour tout faire ! ».

Toujours se battre contre les kilos
Un nuage à l’horizon : « j’ai toujours des crises de boulimie, je me bats, comme bien d’autres, contre mes kilos ». A la maison, elle essaye d’éviter les tentations et d’adapter les plats africains qui sont très riches. Malheureusement, Virginie n’a pas de suivi psychologique pour des raisons financières : « chaque opéré devrait pouvoir en bénéficier. Mais il faut déjà payer la diététicienne et ce n’est pas remboursé ».

Virginie ne se laisse pas abattre pour autant, elle développe les activités de l’association et nous confie une envie : « je voudrais devenir infirmière. Aujourd’hui, je me dis que peut-être j’en suis capable ! Alors je démarre en septembre la préparation au concours ». Virginie prend son envol.

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

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