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SRAE Nutrition

Témoignage obésité : Martine, 58 ans

La SRAE Nutrition poursuit sa série de témoignages consacrés à l’obésité et à la chirurgie bariatrique. Martine de Saint-Pierre-des-Corps (37) nous raconte son parcours, avec un message fort à faire passer : être opéré, ce n’est pas être malade.

PLISSON_Martine

Toute petite, Martine était une enfant très chétive, à qui l’on a prescrit des fortifiants. Des années plus tard, elle sera une adolescente « enveloppée » : « est-ce que ce sont les fortifiants qui m’ont fait prendre du poids, je ne sais pas. C’est vrai qu’il y avait de l’obésité dans la famille. Mais chez nous, on mangeait équilibré, à cause du diabète de mon père ».

Face aux kilos, le jugement et les insultes
Martine se met alors au sport, qu’elle va pratiquer activement : course à pied, hand-ball, natation. Malheureusement, elle se casse le pied à 19 ans et va marcher avec des béquilles pendant six mois : « ma grande détresse, c’était d’être limitée pour faire du sport ». Pendant cette période difficile, elle atteint le seuil de l’obésité et démarre son premier régime à 20 ans. Autour d’elle, les regards et les remarques sont sans indulgence : « ça déborde de partout », « elle est jeune, elle pourrait faire attention… ».

Plus tard elle se marie et a deux enfants : « après les deux grossesses, j’avais pris 20 kg ». Elle va alors multiplier les régimes et rencontre des professionnels pas toujours bienveillants : « je suis allée voir une diététicienne qui m’a fait culpabiliser, elle m’a même traitée de grosse vache ! ». A côté de cela, sa vie est bien remplie, entre sa famille et son métier d’archiviste, d’autant plus que son mari est en déplacement toute l’année. Sa crainte, c’est que ses enfants deviennent obèses.

Un anneau problématique…
En 2003, elle doit affronter de gros problèmes de santé, avec troubles respiratoires et douleurs lombaires. Le CHU qui la prend en charge lui pose un anneau gastrique. Hélas, cet anneau va lui occasionner bien d’autres soucis : « je n’étais pas une grosse mangeuse, en fait je n’ai perdu que 18 kg. A côté de cela, j’avais beaucoup de vomissements, de remontées gastriques, du cholestérol, une carence en fer… »  Son état de santé se dégrade et elle reprend les 18 kg perdus. « Je n’avais pas de repas fractionnés, pas de compléments vitaminiques. J’ai eu un mauvais suivi pendant 4 ans et on n’a pas voulu me retirer l’anneau gastrique ».

… Adieu l’anneau !
En 2012, les choses vont enfin bouger. Martine pèse alors 125 kg. Pendant un séjour dans un centre de rééducation nutritionnelle, elle a une prise de conscience : il faut qu’on lui enlève l’anneau. Elle prend rendez-vous avec un chirurgien à Angers, qui en voyant cet anneau s’écrie : « ce n’est pas possible ! » et lui retire sans attendre. Une autre opération est programmée : un by-pass, avec traitement d’une hernie hiatale. Martine démarre alors son parcours pré-opératoire, avec la mise en place du fractionnement : « je suis passée à six repas par jour, je consultais l’endocrinologue et la diététicienne. Cela m’a permis de perdre du poids et de stabiliser ma hernie ».

Des contraintes assumées après l’opération
Elle se fait opérer en 2014 dans les meilleures conditions. Depuis, elle vit très bien la période post-opératoire : « j’ai perdu 35 kg depuis le by-pass, je souhaiterais en perdre encore 5 ou 6. Mon corps s’est adapté au fractionnement, je n’ai donc pas le sentiment d’être puni au niveau alimentaire. Et je fais très peu de dumping ». Martine se sent bien dans sa nouvelle vie, dont elle assume les contraintes. Elle constate que le regard des autres a changé : « quand on est obèse, on est le joyeux luron qui n’a rien dans la tête. Quand on est mince, on a plus de crédibilité. C’est pour cela que le suivi psychologique est indispensable, pour mettre des mots sur l’image de soi ». Une image de soi en pleine évolution, d’autant plus qu’il faut souvent recourir à la chirurgie réparatrice après la perte de poids.

Quand on est opéré, on n’est pas malade
Pour conclure, Martine assène un message qui ne plaira peut-être pas à tout le monde : « il faut arrêter de dire qu’on est malade quand on a un by-pass ! Il peut y avoir des exceptions, mais cela me choque quand des jeunes femmes opérées considèrent qu’elles ne peuvent plus retravailler et qu’elles sont déclarées handicapées. Après l’opération, il faut une prise en charge personnelle : penser aux rendez-vous médicaux, réaliser les bilans, respecter les vitamines, reprendre l’activité physique… ». Une façon de remettre les choses en place et de responsabiliser les personnes.

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