Structure Régionale Appui et Expertise Nutrition Professionnels des Pays-de-la-Loire Tél : 02 40 09 74 52
SRAE Nutrition

Témoignage obésité : Annie, 57 ans

La SRAE Nutrition poursuit sa série de témoignages consacrés à l’obésité et à la chirurgie bariatrique. Annie nous a reçus dans sa maison d’enfance à Jallais (49), au milieu de ses tableaux. Le dessin a été un exutoire pendant les périodes difficiles.

Annie Chupin

Comme elle le dit, Annie a été élevée pour s’occuper de ses parents : « j’étais leur bâton de vieillesse ». Enfant non désirée, elle se décrit comme une petite fille « maigrichonne » qui ne mangeait pas. Alors on lui faisait des piqûres pour l’anémie : « est-ce que c’était de l’eau de mer ? Des vitamines ? Je ne sais pas ».

Œufs durs et fromage blanc au menu
Elle commence à prendre du poids à l’adolescence : « mes copains à la plage me disaient, ben dis-donc, t’as du bide ! ». Elle devient une adulte en surpoids, mais n’en souffre pas : « je n’avais pas de handicap au quotidien, ça ne me gênais pas ». Elle va pourtant suivre un gros régime à 30 ans : « je mangeais des œufs durs et du fromage blanc, les gens ne me reconnaissaient pas ! Mais j’ai repris après… ».

Maladie + licenciement = obésité
En 2006, on lui diagnostique la maladie de Basedow, une forme très fréquente d’hyperthyroïdie. Elle se fait opérer de la glande thyroïde en 2009 et sa vie bascule : elle prend beaucoup de poids et atteint 117 kg pour 1,56 cm. Les comorbidités apparaissent : diabète, hypertension, apnée du sommeil.  Cette même année, elle subit un autre choc : elle est victime d’un licenciement abusif après 30 ans dans le même cabinet notarial : « j’ai été mise au placard, harcelée. J’ai gagné aux Prud’hommes mais mon poids a monté en flèche et j’ai eu besoin d’entamer un suivi psychologique ». C’est une période de grosse déprime pour Annie : « je passais mes journées au lit et je grignotais beaucoup le soir, ça calmait mes angoisses. J’avais une addiction au sucre ». Elle va vivre cinq années de chômage, au cours desquelles elle cumule les petits boulots et les remplacements, jusqu’à ce qu’elle trouve un contrait aidé comme employée de vie scolaire dans une école.  

L’électrochoc
Un jour, elle va voir son médecin traitant et c’est un remplaçant qui la reçoit. Il va lui dire : « Madame Chupin, vous êtes en obésité, il faut vous faire opérer ! ». Annie se souvient : « ça a été la douche froide… et la prise de conscience. C’était devenu un handicap au quotidien, je laissais aller ma maison, mon jardin ». Commence alors un cheminement personnel, jusqu’à la décision de rencontrer un chirurgien à Angers. Elle suit le parcours pré-opératoire, rentre en contact avec l’association « Le Cocon » pour échanger avec d’autres personnes.

Après la sleeve, la faim
Elle est opérée d’une sleeve en juin 2016 : « après l’opération, j’ai trouvé ça dur. Les premiers repas, j’ai vomi et j’ai fait des malaises vagaux. L’alimentation mixée, ça n’était pas appétissant… Mais après le 1er mois, c’était mieux ». Annie avoue avoir été déçue par le suivi post-opératoire : « quand j’y suis allée la 1re fois, je n’ai pas eu de temps de parole à cause d’une patiente très envahissante. Et puis je n’ai pu suivre que deux ateliers culinaires, alors que j’avais de fortes attentes ». Annie a en effet changé ses habitudes alimentaires : « avant je ne cuisinais pas, c’était boîtes de conserve et surgelés. Depuis, je me suis mise à préparer des légumes ».

Mais la sensation de faim est revenue, très vite : « j’ai l’impression que mon estomac est toujours vide et en même temps je trouve que je mange tout le temps avec les collations ». Annie admet que ses envies sont revenues : « quand ça ne va pas, je mange tout ce qui me passe sous la main ». Elle a appris dernièrement que son contrat aidé prenait fin : « ça m’a fait reprendre un kilo. Heureusement je suis très bien accompagnée par mon médecin généraliste et ma psy. C'est important de ne rien lâcher».

Une nouvelle vie : les robes, le jardin, le dessin… et le chat !
Pourtant, Annie a perdu 40 kg en un an et elle a repris la natation. Les bénéfices sont visibles : « je peux mettre d’anciennes robes et trouver ma taille dans les magasins. Finis les pulls noirs informes, je ne me cache plus et j’ai plaisir à être coquette ». Son quotidien s’est amélioré : « j’ai retrouvé de la mobilité, j’ai pu débroussailler tout mon jardin ! ». Le goût de vivre, c’est aussi grâce au dessin qu’elle l’a retrouvé : « ça m’a sauvée. Je pratique le pastel sec. Je fais des expos et j’ai même gagné des prix. J’anime aussi des ateliers pour les enfants. Ce sont des satisfactions, c’est bon pour l’estime de soi ». Annie a récemment adopté un chat, Moustache. C’est un compagnon bienvenu. On a souvent besoin d’un plus petit que soi !

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

Retour aux actualités
Agenda
7e journées nationales de la FFMPS
CANTINA 2018, convention biennale de la restauration collective