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SRAE Nutrition

Témoignage obésité : Alain,37 ans

La SRAE Nutrition poursuit sa série de témoignages consacrés à l’obésité et à la chirurgie bariatrique. Nous avons donné rendez-vous au Mans à Alain. Rencontre avec un homme qui sourit à la vie.

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Alain est originaire du Loiret, il est fils unique et a été élevé par sa mère. Une maman qui a un problème de thyroïde et qu’il a toujours connu obèse. Alain est un enfant « normal », jusqu’à l’âge de six ans, où sa courbe de corpulence commence à monter. A 10 ans, il vit une épreuve douloureuse, le décès de sa grand-mère dont il était très proche. Son poids s’en ressent : « je grignotais beaucoup, des gâteaux, des bonbons, souvent devant la télé ».

120 kg à 13 ans
A 13 ans, il est déjà en obésité sévère et pèse 120 kg. Il suit plusieurs programmes de rééducation nutritionnelle, notamment à Roscoff où il séjourne pendant 3 mois et où il apprend à manger équilibré : « j’en garde un bon souvenir, j’ai réussi à perdre 26 kg ». Mais de retour à la maison, les repas n’ont pas changé… « on mangeait gras, des plats en sauce. Ma mère cuisinait surtout le soir quand elle rentrait du travail. J’ai repris les kilos perdus ».

C’est une période qui n’est pas facile avec les autres adolescents : « il y avait ceux qui se moquaient de mon poids et puis, heureusement, mes amis avec qui j’ai encore des liens aujourd’hui. Dont une qui s’est faite opérer comme moi ! ».

Obèse… mais pas assez
Alain aime faire la cuisine, il décide de préparer un CAP en restauration. Malheureusement, il échoue. A 18 ans, il commence à travailler dans une coopérative agricole, puis il va faire de l’intérim.

A la vingtaine, il quitte le domicile maternel et part s’installer à Tours, où il a trouvé un nouveau travail et rencontré sa copine de l’époque. C’est là-bas qu’il prend contact avec le CHU pour une chirurgie bariatrique, sur les conseils de son médecin nutritionniste. Mais sa demande n’est pas acceptée : « pour eux, je n’étais pas assez obèse ! J’ai été déçu, je ne m’attendais pas à une réponse négative ».

Un régime éprouvant pendant trois ans
En 2003, on lui décèle une hypothyroïdie qui n’est pas opérable et nécessite un traitement à vie. La maladie lui fait prendre beaucoup de poids, il atteint 145 kg pour 1,82 cm. Alain se souvient des régimes, en particulier un régime hyperprotéiné qu’il a suivi pendant… trois ans ! Certes il perd 50 kg, mais au prix d’efforts démesurés : « je ne mangeais presque rien, des sachets et des barres diététiques. J’ai fini par craquer et tout arrêter, c’était un cercle vicieux ». Il reprend tous ses kilos.

Un suivi insuffisant après by-pass
Entre temps, sa vie a évolué : il est revenu dans le Loiret, a rencontré une nouvelle compagne et travaille désormais dans le secteur du commerce. Fin 2009, il pèse 178 kg, son médecin traitant l’oriente alors vers un chirurgien à Orléans. Après six mois et des rendez-vous avec différents professionnels, il se fait opérer d’un by-pass en décembre 2010. L’opération lui permet de descendre à 127 kg. Mais le suivi laisse à désirer, aucun fractionnement alimentaire n’a été mis en place et Alain n’a aucun suivi psychologique : « je pense que je faisais de la boulimie, les anciennes habitudes sont revenues. Mon estomac s’est dilaté et je suis repassé à 141 kg ».

Un switch en toute confiance
C’est en voyant un reportage à la télévision qu’Alain entend parler de l’association angevine Osez 49. Il ressent le besoin d’échanger avec d’autres opérés et après des discussions sur internet, il se décide à participer à une réunion. Juste après, il prend rendez-vous avec un chirurgien à Angers : « il m’a mis en confiance, m’a dit qu’on allait recommencer tout le parcours à zéro ». Alain démarre le parcours pré-opératoire : « c’était beaucoup mieux que le premier ! Le fractionnement a été mis en place dès le début et j’ai démarré un suivi psychologique, que je poursuis encore ».

Sous la barre des 100 kg 
En juin 2015, il se fait opérer d’un switch, intervention dont il est très satisfait : « c’est allé au-delà de mes espérances, je suis passé sous la barre des 100 kg il y a deux semaines ! ». Pour ce nouveau départ, Alain a adapté son quotidien : « je mange équilibré, le fractionnement ne me gêne pas du tout. Pour ce qui est de l’activité physique, je fais pratiquement 10 000 pas par jour (environ 7 km). J’ai un nouveau travail très intense physiquement, jamais je n’aurais pu le faire avant ».

Pour Alain, ce bilan positif est le résultat de plusieurs facteurs : « j’ai bénéficié d’une prise en charge médicale de qualité sur tout mon parcours, mais aussi du soutien de l’association Osez 49. Et puis il y a ma compagne, qui m’a encouragée depuis le début ». Un subtil équilibre, auquel il faut ajouter une volonté de chaque jour.

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

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