Structure Régionale Appui et Expertise Nutrition Professionnels des Pays-de-la-Loire Tél : 02 40 09 74 52
SRAE Nutrition

Focus métier : Gwénaël Babin, infirmier libéral référent D-NUT

A l’occasion du lancement de l’application mobile D-NUT, nous avons rencontré Gwénaël Babin, infirmier libéral référent D-NUT à Pré-en-Pail-Saint-Samson (Mayenne). Il nous parle avec conviction de son métier, de ses patients et de l’appli, évidemment !

Gwenael Babin_1018-photo 2

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je suis infirmier depuis 1997. J’ai d’abord travaillé en tant qu’IDE (infirmier diplômé d’état) hospitalier, avant de me lancer en libéral en 2002. C’est un mode d’exercice qui me convient bien au niveau du contact avec les personnes soignées, je suis plus maître du temps que je peux accorder à tel ou tel patient selon les besoins. Le fait d’être en cabinet de groupe permet non seulement plus de souplesse sur les plannings, mais aussi des partages d’expériences enrichissants et un soutien mutuel dans les moments plus compliqués.

Quel est votre quotidien professionnel ?
Dans une tournée, je rends visite à 20-30 patients et je parcours environ 120-130 km. La tournée du matin, c’est 6h30-14h00, à laquelle s’ajoute la tournée d’après-midi (15h30-20h30) deux fois par semaine. Il y a aussi les permanences au cabinet pour les pansements, les prises de sang … Les journées sont bien remplies ! Le temps administratif et de coordination avec les autres professionnels est également conséquent. 

Avez-vous beaucoup de personnes âgées comme patients ?
Les plus de 65 ans représentent une grande majorité de ma patientèle, c’est notre cœur de métier (avec la cancérologie). Le plus souvent, les soins concernent des pansements, mais aussi la distribution de médicaments chez des personnes souffrant de troubles psychiques.

Vous arrive-t-il de constater une dénutrition chez une personne âgée ? Comment vous en rendez-vous compte ? Que faites-vous ?
Je peux avoir la présomption d’une dénutrition, lorsqu’il y a une perte de poids évidente chez une personne que je suis au long cours, ou quand des plaies ne guérissent pas. En tant qu’infirmier, on n’est pas formés, alors ce n’est pas toujours évident. Dans ce cas, je relaye vers le médecin traitant.

A votre avis, que va apporter l’application D-NUT à votre profession ?
En ce qui me concerne, c’est une opportunité d’approfondir ma pratique, d’aborder les soins autrement, de façon plus concrète. D-NUT permet de confirmer une présomption de dénutrition, ce repérage rentre complètement dans les missions des IDE. Pour autant, l’infirmier libéral ne prend pas la place du médecin traitant, il peut contribuer à faciliter son diagnostic.

En quoi consiste votre mission d’infirmier référent D-NUT ?
J’ai participé en amont au développement de l’application et à la définition de ses fonctionnalités, son ergonomie, son design... J’ai également suivi une formation en dénutrition. Etre référent, c’est aussi être présent pour accompagner ses collègues, les guider si besoin et centraliser les problèmes éventuels pour améliorer D-NUT dans le temps.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le fonctionnement de D-NUT ?
C’est une application mobile absolument intuitive, elle est très simple d’utilisation à partir de n’importe quel smartphone. Elle est également très accessible car elle ne nécessite pas d’avoir des connaissances approfondies en nutrition. Enfin, D-NUT nécessite très peu de temps pour être utilisée chez les patients.

Comment vos collègues ont-ils accueilli D-NUT ?
L’application a été lancée en octobre dernier, en présence de 50 IDE en Mayenne et 30 IDE en Sarthe. Je suis agréablement surpris que le sujet interpelle. Depuis, nous avons recensé une centaine d’utilisateurs, c’est un très bon début !

Quelles sont les prochaines étapes pour D-NUT ?
L’expérimentation en Pays de la Loire se déroule sur trois ans. A partir de 2019, l’application s’étendra à l’ensemble de la région. D-NUT est une première étape dans la prise en charge de la dénutrition, nous espérons qu’elle permette à terme d’orienter le patient vers une prise en charge adéquate (diététiciens, médecins nutritionniste, centre spécialisé…).

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

Retour aux actualités
Agenda
17e ateliers de nutrition
Colloque "précarité alimentaire : vers un partenariat renforcé entre les acteurs"