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Focus métier : Baptiste Recoing, enseignant APA au CHU d'Angers

Même s’ils sont de plus en plus nombreux, la profession d’enseignant en activité physique adaptée (APA) n’est pas toujours connue. Nous avons rencontré Baptiste Recoing au CHU d’Angers pour qu’il nous parle de son métier.

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Quel a été votre parcours pour arriver au CHU d’Angers ?
Au départ, je voulais être professeur d’éducation physique et sportive, j’ai donc fait le STAPS à l’IFEPSA (Institut de formation en éducation physique et en sport d'Angers). Et puis je me suis rendu compte que ce qui me plaisais vraiment, c’était de m’occuper des personnes qui avaient un intérêt à pratiquer l’activité physique. J’ai donc passé un Master Activité Physique Adaptée et Santé (APA-S). Pendant cette spécialisation de deux ans, on nous apprend à prendre en charge des personnes de toutes conditions physiques (cancer, handicap, diabète, obésité…) et sociales (migrants, prison, insertion sociale…).

J’ai fait mon stage de Master 1 au service diabétologie du CHU d’Angers et j’y suis revenu pour mon stage de Master 2, cette fois-ci au service nutrition. Le CHU ayant pris conscience de l’importance du rôle de l’enseignant APA dans la prise en charge de l’obésité, un poste a été créé en 2013, poste que j’ai intégré à 70 %. J’avais déjà travaillé avec des personnes obèses en tant que salarié de l’association Sports pour tous. En fait, j’occupe toujours ce poste dans le cadre de mes 30 % d’activité d’auto-entrepreneur. Je suis également professeur de tennis dans une association et je donne des cours à domicile, individuels et collectifs.

En quoi consiste votre activité au CHU d’Angers ?
J’interviens à la fois au sein du parcours médical (programme ETP obésité) et du parcours chirurgical (programme spécifique pour les patients en attente de chirurgie).

Dans le cadre du programme ETPO, mes consultations s’intègrent dans une prise en charge pluridisciplinaire avec médecin, diététicien, infirmière, psychologue et enseignant APA. On va suivre les patients pendant trois ans en ambulatoire. A l’occasion de la première consultation, je fais un diagnostic avec le patient sur son activité et sa condition physiques, ses sensations corporelles, ses motivations… Puis j’élabore un programme adapté avec 2 ou 3 objectifs. Grâce au partenariat entre Sports pour tous et le CHU, le patient va pouvoir participer à des cours collectifs de gym, aquagym, marche nordique hors CHU, mais adaptés.
Il a aussi des consultations individuelles environ tous les deux mois, puis on espace. A la fin du programme ETPO, un bilan est fait avec chaque patient, qui pourra toujours avoir accès aux consultations APA du CHU.

Pour la chirurgie bariatrique, la première consultation va permettre de mettre en place un programme d’une demi-heure d’activité physique par jour, avec un objectif de masse musculaire à atteindre par le patient. C’est cet objectif qui va être pris en compte au moment des staffs pluridisciplinaires d’évaluation, jusqu’à la RCP de chirurgie bariatrique où la décision d’opérer (ou pas) sera prise. La plupart du temps, les patients suivent leur programme car ils sont motivés par l’opération.

Quelles sont les qualités requises pour être enseignant APA ?
Il faut d’abord de la rigueur pour assurer la sécurité des patients, aussi bien face à des difficultés physiques que psychologiques. C’est un métier qui nécessite également écoute, patience et empathie. La notion d’encouragement est très importante. Et puis il faut une bonne dose de dynamisme et d’esprit d’initiative, pour trouver sa place dans une équipe pluridisciplinaire.

En quoi la prise en charge des patients obèses est-elle spécifique ?
Certains de ces patients sont fragiles physiquement, il faut être très vigilant, notamment au niveau des articulations. Mais ils peuvent aussi être fragiles au niveau psychologique, avec une faible estime de soi. A cela s’ajoutent des difficultés sociales, leur motivation est conditionnée par beaucoup de choses extérieures (trouver une salle, une association ou un club, affronter le regard des autres, se retrouver seul…). On voit bien que c’est plus facile pour eux lorsqu’ils sont entre eux, ils ont du mal à quitter le programme ETPO au bout des trois ans. On essaye de les orienter vers des salles adaptées quand c’est possible. Dans des salles classiques, cela va dépendre du patient, du regard des autres qui peut être compliqué à gérer.

Quel lien faites-vous entre votre métier et celui de diététicien ?
Dans le cadre du programme ETP, les différents professionnels, dont le diététicien, vont discuter des patients. On ne peut jamais tout connaître d’un patient, c’est grâce aux échanges entre nous que l’on va mieux les connaître et ainsi mieux adapter la prise en charge pluridisciplinaire.

Quelles sont vos satisfactions dans votre métier ? Et vos souhaits pour l’avenir ?
Ma satisfaction, c’est de voir l’évolution des capacités physiques des patients et de pouvoir valoriser leurs progrès. Faire ses lacets, prendre les escaliers… ce sont des choses simples, mais qui ont un impact sur le quotidien et l’estime de soi.
Quant à l’avenir, ma situation actuelle me convient très bien ! Mes 70 % au CHU me procurent le lien avec le patient et le travail pluridisciplinaire. Mes 30 % en tant qu’auto-entrepreneur me laissent du temps pour l’animation sportive et le développement de projets. J’ai trouvé un équilibre professionnel.

Propos recueillis par Anne-Cécile Adam

 

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